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LE BLOG D'UNE FEMME PASSIONNEE DE POLITIQUE

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 11:44

Cimetiere.jpg

Rien à voir avec les événements qui devraient avoir lieu aujourd'hui. Une simple réflexion sur un article que j'ai lu dans le NouvelObs magazine sur la politique du traitement de la mort.

Damien Le Guay, philosophe, interpelle le lecteur sur le sens de la mort qui tend à disparaître avec les crémations. Voici quelques extraits de cet article. 

"[...] Aujourd'hui, avec des obsèques sans trop de rituels, un deuil effacé, un corps de plus réduit en cendres et des urnes sans domicile fixe, cette grande parenthèse d'humanité n'est-elle pas en train de se fermer ? En France, la crémation progresse vite. Aujourd'hui 30% des décès, bientôt 50%. Une crémation pauvre en symbole, dépourvue de sens, expéditive, comme une formalité parmi d'autres, comme s'il fallait accepter notre nouveau destin : être de trop dans un monde qui n'est pas fait pour nous, accepter d'être une variable d'ajustement dans la vie, un déchet dans la mort. 59% des Français qui désirent la crémation souhaitent n'être pas "à la charge de leur famille" ou veulent ne pas polluer la nature. Dans les deux cas, une même certitude : le monde après eux les rejettera. Ils n'y auront pas leur place. Les vivants n'auront pas le souci des morts.[...]

[...] Existe donc en nous une lâche envie de s'effacer, de rejoindre par avance l'incognito des choses sans humanité. Les corps se reconnaissent, les cendres, elles, sont le summum de l'anonymat. Il nous faut considérer ce "désir de cendre" comme une fatigue anthropologique et un échec social : nous n'arrivons plus à surmonter l'indifférence. L'uniformisation d'un monde encombré d'objets destinés à la poubelle finit par nous corrompre. [...] Il est temps de remettre du temps, du rite, de la responsabilité, du savoir-faire, et donc de la consistance corporelle autour de la mort ! [...]" Damien Leguay. 

En ces temps où Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux permettent aux hommes de cultiver des egos surdimensionnés, cette négation de sa propre mort est plutôt étonnante.

Par ailleurs, il est de plus en plus vrai que l'urbanisation des villes et des campagnes posera bientôt un problème de place pour les morts. Nos cimetières chargés d'histoire, dans un avenir plus ou moins lointain, seront rasés comme ceux des mérovingiens mis au jour puis écrasés par les bulldozers afin d'y construire des parcs de loisirs pour les vivants.

Même les communes où la concession à perpétuité existe encore, finiront par vendre les terres réservées aux défunts, pour payer les dettes occasionnées par la folie des grandeurs des élus.

C'est pas de la violence, ça ? 

Eriam   

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commentaires

Myrtille 13/11/2012 20:05


Ne vivons nous pas souvent dans l'anonymat...ne serait-ce que sur internet...alors pourquoi pas après la mort, à force d'entendre dire: réduisons nos déchets çà déborde, la crémation n'est-ce pas
une façon de laisser place nette et sans déchets? Cendres dispersées au jardin du Souvenir, libre dans l'espace au gré du vent...ne laisser nul traces que dans le coeur de ceux qui nous ont connu
et aimé...retourner en poussière ou en cendres... où est la différence!